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Il existe de nombreuses utilisations légitimes des services d’anonymat tel que Tor et les VPN, mais bien sûr, il y a ceux qui les utilisent pour des pratiques criminelles et répréhensibles. La Russie se prépare à tenter de totalement interdire Tor . De son côté, la police de Suède souhaite  être en mesure d’accéder aux communications cryptées dans les cas d’abus graves. 

Mais le droit à la vie privée de millions de personnes peut-il être totalement compromis en raison de l’activité de quelques-uns?

Si les révélations de Edward Snowden nous ont appris quelque chose, c’est que nos activités en ligne peuvent difficilement être considérées comme privées.

Lorsque nous écrivons un e-mail ou que nous déclenchons une messagerie instantanée, quelqu’un quelque part a la possibilité d’accéder à notre contenu et, si nécessaire, d’agir en fonction de ce qu’il a vu.

On nous dit que c’est un mal nécessaire, que la sécurité de nos pays dépend de nous, et que nous devons abandonner certaines de nos libertés, et certains de nos droits – y compris le droit à la vie privée – afin de nous mettre tous à l’abri des mauvaises intentions de toutes les bêtes noires de la planète….

Mais malgré les assurances de nos dirigeants, la plupart d’entre nous ne veulent tout simplement pas être espionnés.

Cet article a été placé sur les serveurs de TorrentFreak via une connexion cryptée. Cet article n’ a pourtant rien d’illégal  et son auteur n’est  recherché pour aucun crime. Le chiffrement est tout simplement devenu une partie de la vie et naviguer en utilisant un VPN est devenu aussi naturel que d’utiliser un simple navigateur.

Mais à côté de ceux que l’on peut juger de » trop prudents », il y a ceux qui ont besoin de crypter leurs connexions pour des raisons vraiment importantes. Pour les dissidents dans le monde, les questions  autour de la confidentialité des données peuvent être une question de vie ou de mort et la nécessité  pour les dénonciateurs de rester dans l’ombre est primordiale, comme les malheureux cas de Manning et Snowden nous l’ont montrés.

Malheureusement, parmi les communications cryptées telles que Tor, il y a une pilule amère à avaler. Il y a des criminels – qui commettent des crimes horribles – qui utilisent ces mêmes systèmes afin de cacher leur identité. Qu’est-ce qui doit être fait au sujet de ces personnes lorsque leurs activités en ligne sont voilées? La police suédoise pense avoir trouvé la solution.

« Nous devons avoir une loi qui nous permette d’avoir accès aux services cryptés. Nous devons obtenir une clé pour accéder aux crimes les plus graves », explique  Wecksell de la Section de la cybercriminalité de Suède.

Wecksell explique qu’ avoir accès aux services de chiffrement est nécessaire pour sévir contre le problème croissant de la violence faite aux enfants.

Mais bien sûr, une fois que la police aura le pouvoir de  « décryptage » (et il est actuellement très difficile de savoir comment cela pourrait être réalisé d’un point de vue technique), la sécurité des données de tous ceux qui utilisent ces systèmes sera mise à mal , sans aucune faute commise de leur part .

«Dans le monde en dehors de l’Internet, la police ne va pas  tout essayer afin d’arrêter un  criminel, pour la simple raison que cela pourrait nuire à d’autres personnes. C’est la même ligne « , explique Anna Troberg, président du Parti Pirate.

«Par exemple, j’ai parlé avec beaucoup d’organisations des droits humains qui sont totalement dépendantes des informations cryptées afin de travailler avec des militants dans d’autres pays, cette possibilité serait certainement menacée si les policiers avaient la capacité de déchiffrer les données. »

Bien sûr, on pourrait faire valoir que des restrictions soient imposées à la police afin que toute nouvelle loi stipule clairement que le décryptage ne puisse avoir lieu dans les cas de mauvais traitements présumés. Cependant, nulle doute que les parties intéressées  jetteront rapidement d’ autres crimes dans le mélange – le terrorisme et les questions de sécurité nationale par exemple.

Le probable terme fourre-tout  tel que  « crimes graves » serait alors une grande porte ouverte pour les manipulations, ce qui signifie que même si aujourd’hui les pédophiles et les terroristes seraient traqués, les objectifs de demain incluraient les dénonciateurs traîtres comme Edward Snowden ou  les auteurs présumés de contrefaçon grands criminels  tels que Kim Dotcom.

La Russie est actuellement aux prises avec le même problème, même si elle semble prendre une route différente. Selon des médias locaux, le chef du Service fédéral de sécurité (FSB) a lancé un processus afin d’introduire une loi qui interdise les réseaux anonymes tel que TOR qui ne permet pas d’être décrypté . (également sur les prétextes de pédophilie)

Donc, il semble que nous nous retrouvons actuellement avec trois approches possibles.

1 – Le statu quo où chacun a droit au respect de sa vie privée, criminels inclus.
2 – Faire confiance à la police qui a les clés, dans l’espoir qu’ils vont seulement s’en prendre aux « vrais » bandits.
3 -Le  Blocage total des outils d’anonymat.

C’est maintenant que se joue la bataille pour maintenir un Internet libre et ouvert, et garantir le respect de la vie privée à des millions de personnes, tout en trouvant un moyen d’éliminer les criminels sans nuire au reste du monde. C’est peut-être la tâche la plus compliquée qu’Internet n’ait jamais eu à réaliser, mais pour cela quelqu’un devra trouver une quatrième option…

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traduction réalisée collaborativement sur Frampad pour diffusion sur Torrentnews.net sous licence creative commons

http://torrentfreak.com/should-authorities-decrypt-vpns-and-tor-or-ban-them-altogether-130817/

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