#MEGAUPLOAD: Retour sur la prostitution politique entourant l’affaire. Des têtes vont-elles tomber?

Indigné par la façon dont il a été traité, Kim Dotcom savoure de jour en jour sa revanche envers les hautes figures du gouvernement et des pouvoirs publics.

En effet, lui et son équipe d’avocats ont exposé une série d’erreurs judiciaires qui, en plus de menacer d’annuler l’affaire, menacent la réputation internationale de la Nouvelle-Zélande, et expose potentiellement l’Etat à des poursuites.

Du Premier ministre John Key à l’officier en charge de l’affaire, personne n’est épargné.

 

JOHN BANKS (leader du parti politique au pouvoir)

En Avril, Dotcom a révélé qu’il avait fait à John Banks (le chef du Parti ) un don de 50.000 dollars NZ pour favoriser la campagne de son élection à la mairie d’Auckland en 2010. C’est alors que John Banks lui aurait demandé de diviser cette somme en deux, de sorte que les 2 dons puissent être faits de manière anonyme.

Une technique astucieuse, mais formellement interdite, ce qui a déclenché une enquête policière pour le viol les lois électorales locales. Même si aucune accusation n’a été portée, la police (qui a découvert 5 dons anonymes de 25 000$NZ ) a précisé que la loi a bien été violée.

La réputation de M. Banks a subi un dommage irréparable suite au scandale sur les dons, qui continue de le tourmenter. Il est prévu qu’il démissionne avant les élections de 2014 et plusieurs experts se demandent si le parti pourra survivre à cette affaire.

JOHN KEY ( le 1er Ministre NZ)

Le premier ministre avait déjà dû serrer les dents suite au scandale des dons de DOTCOM.

Mais rebelote la semaine dernière. Le Government Communications Security Bureau (GCSB) ayant avoué qu’ils avaient illégalement espionné Dotcom, apparemment après une analyse erronée selon laquelle Dotcom n’était pas un résident Neo-Zélandais. (le GCSB a l’interdiction de collecter des informations sur les résidents de Nouvelle-Zélande ).

M. Key a en outre été embarrassé quand il est apparu que son adjoint, Bill English, était au courant de la participation de la GCSB. M.Key a du faire des excuses publiques envers Kim Dotcom

BILL ENGLISH (ministre des finances et vice premier ministre)

En agissant en tant que Premier ministre en Août, tandis que M. Key était en déplacement aux États-Unis, M. English a signé une ordonnance interdisant la divulgation des activités du GCSB du début de l’opération. Il n’aurait pas informé john Key – qui ne s’en serait rendu compte que plus tard, lors d’une réunion avec le GCSB.

Bill English a été récemment « forcé » d’avouer publiquement qu’il n’avait pas mis le 1er ministre au courant.

 SIMON MURDOCH

L’ancien chef du GCSB, aujourd’hui consultant, a présidé la surveillance illégale de Dotcom.

Des questions demeurent sur le fait que les contrôles les plus élémentaires n’ont pas été faits au sujet du statut de résidant de Dotcom. Les théoriciens du complot ont également mis en évidence que l’homme est un ancien diplomate des États-Unis – Dans les années 80, il était détaché à Washington en tant que conseiller politique et officier de liaison du renseignement.

Ian Fletcher, le directeur actuel du GCSB, a écopé des retombées. L’agence fait actuellement l’objet d’une évaluation interne de toutes ses opérations d’espionnage et l’avenir du groupe reste incertain.

PETER MARSHALL (commissaire de Police)

Le commissaire de police a, jusqu’à présent, gardé le silence sur l’affaire Dotcom, indiquant que l’affaire est toujours devant les tribunaux.

Le GCSB  a pointé du doigt l’erreur de la  police qui n’aurait pas indiqué que Dotcom était un résident NZ.

Mais ce n’est pas le seul point litigieux.

Bien que Dotcom ne représentait pas une menace, c’est pourtant en hélicoptère que la  brigade anti-terroristes est arrivée pour procéder  à la perquisition de son manoir.

En outre, les tribunaux ont statué que les mandats de perquisition utilisés n’étaient pas légaux – et que sans mandat d’autorisation valide, la perquisition de la police était une intrusion.

Les tribunaux ont également jugé que la police n’aurait pas dû envoyer des fichiers numériques des ordinateurs de Dotcom vers les Etats-Unis, là où les autorités organisent une poursuite de grande envergure contre lui.

GRANT WORMALD (inspecteur de police)

Peut-être l’homme qui a le plus à perdre. Il est probable que les avocats de Dotcom vont déposer une plainte au sujet des actes du  Ofcanz (Organised and Financial Crime Agency New Zealand/agence du crime organisé et à la criminalité financière néo-zélandaise).

Dans son témoignage devant le tribunal le 9Août , M. Wormald avait  indiqué qu’aucun autre organisme n’a surveillé Dotcom – ce qui a été contredit quand il est apparu qu’il avait été la cible du GCSB.

La police avait en effet demandé l’aide du GCSB et les policiers avaient assisté à une réunion en Décembre pour préparer le raid.

L’avocat de Kim Dotcom  ,Paul Davison, a déclaré au tribunal ce mercredi que ce n’était pas la seule chose incorrecte que M. Wormald avait dit lors de son témoignage …

Le Gouvernement

Les avocats du gouvernement sont également dans la cible de l’équipe de défense de Dotcom qui a contesté à maintes reprises leur travail.

Les ordonnances de saisie des biens deDotcom et de la trésorerie ont été jugées « nulles et non avenues » par le juge Potter.

En mai, il est apparu qu’Anne Toohey, prospecteur du ministère public, s’est rendue compte la veille de la perquisition, que MégaUpload étant une société, les autorités étaient obligées de prévenir Dotcom avant une perquisition.

Bien qu’elle ait alerté l’ancien solliciteur général David Collins et son adjoint Cameron Mander, le raid a quand même eu lieu.

Un conflit d’intérêts potentiels existe également. Crown Law, est devenu conseiller pour les autorités des États-Unis après avoir été chargé de décider s’il était légitime que la procédure d’extradition de Dotcom commence.

À cela s’ajoute le fait que l’infraction de copyright dont  Dotcom est accusé, n’est pas une infraction qui permette au gouvernement d’extrader l’accusé vers les Etats-Unis.

Les charges supplémentaires de racket et de blanchiment d’argent que les Américains ont préparé contre lui semblent uniquement destinées à permettre l’extradition.

Stuff

 

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Author: Blackistef

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