Une des nombreuses choses rabâchées par les maisons de disques , c’est que la baisse des ventes de CD signifiait que le partage de fichiers tuait l’industrie musicale.

La réalité, c’est que l’évolution numérique a modifié les sources de revenus.

Business Insider note en effet  que Spotify est devenu la deuxième source de revenus pour les majors. La source numéro 1 est apparemment encore iTunes, mais un investisseur de Spotify indique que si la croissance de la société continue comme cela, Spotify devrait devenir la première source de revenus d’ici deux ans:

[box] «Si nous [Spotify] continuons de croître à ce rytme en termes d’abonnements et de téléchargements, nous dépasserons iTunes en termes de contributions sur la musique enregistrée d’ici deux ans.[/box]

Les ventes d’albums physiques sont souvent prises comme un point de repère pour savoir comment l’industrie se porte. Les recettes totales ont également été de nombreuses fois utilisées pour dire que l’industrie souffre du partage de fichiers (ce qui est trompeur comme de nombreuses études l’ont démontrées, P2P = Promotion)

Pourtant le temps est révolu  où la source principale et quasi exclusive du chiffre d’affaires était le CD physique.

Alors que le chiffre d’affaires peut très bien baisser  pour les maisons de disques, le coût de distribution est également beaucoup plus bas, le bénéfice reste donc conséquent.

Cependant, si l’industrie arrive à de si gros revenus c’est que quel que soit le chiffre d’affaires, des sommes très importantes (sortes de « rentes » ou « minimum imposé ») sont exigées annuellement par les majors à Spotify (mais aussi à dezzers et co) pour pouvoir avoir le droit de vendre/ proposer/ diffuser leur catalogues.

Ce qui fait que vous, (qui n’avez pas la fortune de Kim Dotcom) ne pouvait pas vendre/ proposer/diffuser  légalement les oeuvres des majors même si vous souhaitez reverser 100% de vos gains.

Mais c’est également l’une des causes qui fait que les artistes et labels  indépendants présents sur  spotify  (et qui ne touchent aucune rente annuelle ) se retrouvent avec des revenus très faibles.

SPOTIFY sous le feu des critiques

Le service est ainsi sous le feu des critiques car il ne rémunère pas assez les artistes indépendants.

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  • Helienne Lindvall de The Guardian a rapporté que «des labels et artistes  indépendants … à la différence des majors ne reçoivent pas d’avances, ne reçoivent pas de minimum par lecture et obtiennent  seulement  50% des recettes publicitaires sur une base pro-rata. »
  • Le journal norvégien Dagbladet a rapporté qu’ en 2009, le label Racing  Junior avait seulement gagné  2.40 € après que leurs artistes aient été diffusés plus de 55 000 fois.
  •  Selon une infographie de David McCandless, un artiste indépendant sur ​​Spotify, il aurait besoin de plus de quatre millions d’écoutes par mois pour gagner  900 euros.
  •  En mai 2012,  le chanteur du groupe British Theatrea a noté, « Je préfère que les gens volent mon travail plutôt que cela passe par spotify. Ils payent les artistes pratiquement rien… des centimes par mois. « [/box]

 

Spotify a répondu à la critique en affirmant que 70% du chiffre d’affaires de Spotify est versé sous forme de redevances, et que le taux de redevance a doublé entre le début du service en 2008 et la mi-2012. 

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Vivement que Megabox arrive, en espérant qu’il mette un grand coup de pied dans la fourmilière du monopole des ayants droits.

Mais Megabox ou pas, espérons que l’avenir numérique permette à de nombreux artistes de se faire connaitre et de vivre de leur art sans passer par les Majors.

Une chose est sûre :

Si sans artiste, les majors ne peuvent plus exister… sans majors les artistes existeront toujours !

 

http://www.zeropaid.com/news/101442/spotify-takes-second-place-most-record-label-revenue-generated/

http://www.businessinsider.com/spotify-revenue-labels-2012-6

http://en.wikipedia.org/wiki/Spotify

 

 

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