Des pirates se revendiquant des Anonymous ont frappé un grand coup, lundi soir, en représailles aux premières actions judiciaires de la Hadopi contre les internautes. Ils ont pénétré au sein des échanges de mails de la Haute Autorité avec les ayants droit. (Un communiqué  sur pastbin explique que le groupe « Anonymous » ne revendique l’action.)

Hadopi a publié aujourd ’hui sur son site le rapport Znaty.

Les pirates Anonymes (si pas  Anonymous :p)  révèlent des échanges de mails entre les représentants des ayants droit SACEM & co et HADOPI. Ces  emails nous apprennent que  les ayants droits ont demandé à Hadopi de censurer des parties du rapport Znaty , on apprend aussi leurs inquiétudes concernant les réactions des « anti-hadopi ».

Dès le 2 février au soir, HADOPI,prévient la SACEM, la SCPP, la SPPF et l’ALPA de la publication prochaine du  rapport Znaty, rapport important, puisqu’en l’absence d’homologation c’est la seule « béquille » pouvant avoir un minimum de valeur pour expliquer à un juge que TMG est fiable… (TMG est la société qui joue à la police en relevant les adresses IP des présumés pirates)

Cependant, par retour de mail,  la SACEM s’étonne :

 « à aucun moment vous n’aviez mentionné que ce rapport serait mis en ligne sur le site Internet de la HADOPI ».

« nous sommes opposés à une telle publication qui ne peut qu’affaiblir le rapport de Monsieur David Znaty et les actions judiciaires initiées par la HADOPI, sans compter les réactions partisanes qu’elle ne va pas manquer de susciter, de nature à instiller le doute dans l’esprit des magistrats ».

Pas mal comme révélation mais ce n’est pas tout ! Les ayants droit rappellent en outre à la Hadopi que conformément à une réunion organisée le 7 décembre dernier, plusieurs passages devaient en toute évidence être gommés « afin de ne pas mettre en péril le système mis en place par les ayants droit, et notamment sa sécurité ». Notamment plusieurs pages et annexes :

« aucun traitement confidentiel n’est prévu pour les annexes 1, 7 et 8.

Dans la mesure où nous n’en connaissons pas le contenu, nous ne pouvons nous prononcer sur leur caractère confidentiel ou non-confidentiel et demandons donc, à défaut d’en avoir communication pour nous prononcer, un traitement confidentiel, étant observé que l’annexe 8 comporte le nom des personnes travaillant sur le dossier que nous ne souhaitons pas voir divulgué ».

ajoutant :

 « il est important que les données figurant dans ce rapport ne puissent donner lieu à une mauvaise interprétation. C’est la raison pour laquelle il nous semble important de ne pas rendre public le nombre de doublons dans la base référence actuellement mentionnée en pages 16 et 24 du rapport. Nous souhaiterions qu’il soit confidentialisé ainsi que nous en avions discuté lors de notre réunion du 7 décembre dernier. »

Dans un courrier envoyé à 14h47, Hadopi répond que l’expert a lui-même » censuré » son rapport et que les annexes ne seront pas publiées mais mises dans un coffre fort :

 « votre retour a bien été pris en considération et transmis à l’expert. David ZNATY a modifié la rédaction du rapport, qui sera mis en ligne aujourd’hui, pour répondre à votre souci de ne pas divulguer des informations confidentielles.
Par ailleurs, comme vous l’a indiqué Mireille IMBERT QUARETTA, lors de la réunion de présentation des résultats de l’expertise, les annexes du rapport ne sont pas rendues publiques.
Elles sont conservées dans un coffre à l’Hadopi pour n’être consultées, le cas échéant, que par un nouvel expert qui pourrait être désigné par un juge. »
Mais, voila, HADOPI s’est trompé, est a mis en ligne une version « non censuré » du rapport!
Du coup, à 17h20 l’ALPA a immédiatement contacté HADOPI :
« À la lecture de celui-ci qui vient d’être mis en ligne sur le site de l’HADOPI, nous avons observé qu’il n’a été tenu compte d’aucune des modifications demandées concernant les données que nous estimons sensibles et confidentielles. Je vous remercie d’y remédier au plus tôt »
Ajoutant :
« je souhaiterais comprendre cette démarche qui va à l’encontre des engagements pris.
En effet il a toujours été convenu que ce rapport serait communiqué dans le cadre de procédures judiciaires aux magistrats destinataires.
Même s’il est évident que tôt ou tard il sera rendu public, je m’interroge sur l’opportunité de le mettre en ligne au moment des premières transmissions de dossiers.
Le bruit médiatique et les réactions partisanes qu’il ne va pas manquer de susciter seront de nature à influencer les magistrats ayant les traiter » note encore l’ALPA.
Hadopi s’excuse:
« suite à votre mail, je viens en effet de constater que la version mise en ligne n’était pas la version modifiée. Il s’agit d’une erreur interne et je vous en présente toutes nos excuses. Les engagements avaient bel et bien été tenus et je regrette ce qui vient de se passer. »

« Il ne servirait à rien d’y remédier. Le document circule déjà sur internet et le remède serait pire que le mal en cela que la simple comparaison permettrait d’identifier à coup sûr les points que nous avons souhaité modifier.

Enfin, je crois bien vous avoir indiqué ce matin encore que la publication intervenait dans la journée. Quel que soit le moment de sa publication, il aurait entraîné les effets que vous décrivez à juste titre. »

 

Le dernier mail sera celui de  Marc Guez, le patron de la SCPP, syndicat des majors du disque envoyé le 13 au soir .

 

« Leurs excuses ne changent rien au fait qu’il s’agit d’une bourde majeure, susceptible d’empêcher le fonctionnement des traitements de TMG, car on peut supposer que les réseaux P2P vont pouvoir développer des parades efficaces contre les traitements de TMG. »

 

Vous noterez la proximité et le pouvoir qu’on les majors sur l’ HADOPI… Doit leurs faire drôle de savoir qu’eux aussi sont désormais sous surveillance… un beau défaut de sécurisation, zont dû oublier de bancher openoffice :p

Pcimpact a mis en évidence les passages que SACEM et co souhaitaient censurer :)

 

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