L’Iran a imposé de nouvelles restrictions pour l’accès à l’internet et bloqué des services de messagerie au cours des derniers jours, une initiative qui pourrait, selon un important député conservateur, « coûter cher au régime », a indiqué la presse dimanche.
Des millions d’Iraniens n’ont pas pu accéder à leur boîte email, comme le service de messagerie Gmail de Google, celui de Yahoo ou encore Hotmail de Microsoft depuis jeudi, sans aucune explication de la part des autorités, a indiqué le journal Arman.

Mais l’agence de presse Mehr a indiqué que les restrictions ne touchaient pas seulement les services de messagerie.

« Cela fait déjà un certain temps que les usagers de l’internet (en Iran) ont des difficultés pour accéder à des sites internet intérieurs ou d’actualité tout comme à des moteurs de recherche étrangers et à des services de messagerie », a indiqué l’agence sur son site internet.

Parmi ces difficultés, Mehr cite « une vitesse lente, des pannes et blocages » des sites internet.

Un député conservateur, Ahmad Tavakoli, a mis en cause un nouveau système de filtrage « gênant » estimant que cela devrait être expliqué à la population.

« La nouvelle mesure de filtrage et des coupures d’accès aux services sans aucune information préalable (…) va provoquer la colère parmi la population la plus éduquée », a-t-il indiqué à Mehr.

« De tels filtrages gênants vont coûter cher au régime », a-t-il ajouté.

Le contrôle du flux d’informations sur internet est une préoccupation majeure pour l’Iran où quelque 36 millions de personnes sont abonnées sur une population de 75 millions.

L’accès à de nombreux sites très populaires comme Facebook, Twitter et Youtube est bloqué en Iran.

Début 2011, l’Iran a mis sur pied une unité spécialisée de la police pour lutter contre la « cybercriminalité » notamment sur les réseaux sociaux, très utilisés par l’opposition et les dissidents.

L’internet a joué un rôle majeur dans la vague de protestation anti-gouvernementale qui a touché l’Iran après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Téhéran bloque également la plupart des sites internet étrangers, accusant les médias occidentaux de participer à un complot visant la République islamique et mené par les Etats-Unis, Israël et l’Europe, avec en tête la Grande-Bretagne.

© AFP

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iIR-CyEJVX3pTvbVE3gUp6i-Z2Lw?docId=CNG.36a17cf7854d299ae3cbb7e17caa773e.3b1

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