Cela fait quelques temps déjà que j’avais envie de lancer  un « CopWatch » français… Mais ma  petite femme, toujours traumatisée par la visite des flicaillons au petit dej’, m’a fait promettre de ne pas mettre ce type de site en ligne  tant que nous serons sous dictature. Bon allez, plus que quelques mois à tenir..

Ce type de site existe déjà depuis de nombreuses années aux états unis. Le principe est simple : aucune loi n’interdit de filmer des policiers en intervention. Du coup le but est de demander aux citoyens de filmer tous les policiers qu’ils croisent.  Tout y passe, les feu rouges brulés sans raison, les excès de vitesse , les pauses clopes, les arrestations abusives, la manière de se comporter… En réalité, ce site permet surtout de mettre en évidence les abus constants  perpétrés par la police.

Un site Copwatch français commence à faire parler de lui.  Sur Facebook, le syndicat de gardiens de la paix Alliance police nationale le considère comme un nouveau site anti-flic qui vient d’ouvrir, et invite  les policiers à ne pas dévoiler sur facebook  leur identité, lieu de résidence, ou des photos permettant leur identification.

Le site qui fait peur aux policiers se nomme « Copwatch ile de france ».

Le ministère de l’Intérieur indique avoir  porté plainte contre le responsable du site. (depuis 48 h le site est HS)

Les auteurs du site restent anonymes mais se présentent comme des militants qui veulent surveiller la police. Ils encouragent les citoyens à filmer et photographier les forces de l’ordre pour médiatiser ou carrément empêcher les bavures.

Copwatch Nord-Ile-de-France liste les policer de Paris, Lille et Calais. Photos prises dans la rue pendant des interventions de police, capturesde profils Facebook, et commenaires sans censure !

« Si il peut choper du pauvre, il chope et il n’hésite pas à cogner et foutre en garde à vue », et « n’hésite pas à faire tabasser des personnes du marché des biffins », ou « attitude agressive et moqueuse, très lent en course », peut-on lire sur les fiches des policiers, véritables CV officieux en ligne!

Sur leur site, les militants justifient leur démarche : « Ces bases de données, accessibles par tous, permettront à toute personne victime d’abus, d’humiliations ou de violences de la part des flics, d’identifier le ou les policiers auteurs de ces actes. (…) Une mise en commun de dizaines de témoignages et d’images permettant d’avoir une vue d’ensemble des pratiques policières. Un accent tout particulier sera mis sur la surveillance des policiers en civil qui, sous couvert d’anonymat ont tendance à se comporter comme une milice politique digne de certains régimes autrement plus totalitaires ». « Policiers, nous vous identifierons tous un-à-un, que votre impunité trouve une fin… », concluent-ils.

Et c’est légal ? Oui et non. Rien n’interdit de filmer les policiers français dans l’exercice de leur fonction. Seuls certains corps des forces de l’ordre et les membres des services de renseignement sont protégés, rappelle Owni. Par contre, les méthodes et publications de Copwatch peuvent relever de l’atteinte à la vie privée des policiers qui voient leurs nom et leurs photos publiés sur Internet, parfois accompagnés de propos potentiellement diffamatoires.

Du côté des policiers, ces publications représentent une véritable « menace ». « Ce genre de sites sert à intimider la police et pousse aux représailles contre nos collègues », indique le délégué national d’Unité Police SGP-FO, cité par Le Nouvel Obs’. Ce site permet « à quelqu’un qui veut prendre une revanche de pouvoir le faire », dit quant à lui un représentant d’Unité-SGP Police, interrogé par M6. Mercredi matin, Jean-Claude Delage, le Secrétaire général d’Alliance se disait « scandalisé que des individus se permettent de ficher des fonctionnaires de police ». « Ce n’est pas acceptable et Alliance a saisi les autorités pour que des mesures soient prises pour protéger les fonctionnaires, des policiers qui travaillent sur le terrain et mettent leur vie en danger pour aider les citoyens », a-t-il dit sur France Info.

Saisi du sujet, le ministère de l’Intérieur parle d’un procédé « intolérable » et porte plainte, rapporte France Info. Deux plaintes contre le site Internet ont été déposées, l’une pour « diffamation publique envers un fonctionnaire de police », l’autre pour « diffamation publique de l’administration ». Les commentaires sur ce site « portent gravement atteinte à l’honneur et à la réputation de fonctionnaires de police et de militaires de la gendarmerie », a estimé le porte-parole du ministère. « Ils mettent en péril leur sécurité ainsi que celle de leurs familles », a-t-il ajouté, cité par France Info.

Marre  de l’impunité et de l’abus de certains policiers ? A VOS CAMESCOPES ! ( ou aux urnes en 2012)


http://www.lepost.fr/article/2011/09/28/2600609_copwatch-ou-quand-les-internautes-fichent-les-policiers-un-site-anti-flic.html

Partagez cet article :