Ce dimanche, le parti pirate allemand devrait être élu au parlement de Berlin. C’est la seconde fois que ce mouvement politique naissant devrait se faire entendre sur la scène internationale. La première fois était en 2009, lorsque le parti pirate suédois a obtenu des sièges au parlement européen.

Lorsqu’on travaille dans la politique, on apprend rapidement que la notion du temps y est complètement différente. Nous autres programmeurs sommes habitués à régler un problème en travaillant 24 heures d’affilée ou tout le week-end. En comparaison, le temps entre deux élections, quatre ou cinq ans, parait interminable.

Mais la politique est une affaire qui avance lentement. C’est dans sa nature. À cette échelle, obtenir un nouveau succès à deux ans d’intervalle est rapide. Il faut des décennies pour que de nouvelles valeurs soient acceptées par le grand public, mais seulement quelques grandes percées pour changer le cours de la guerre.

Les sondages concernant le Piratenpartei, le parti pirate allemand, varient quelque peu, mais une chose est claire : ils sont largement au-dessus de la limite de 5% imposée pour accéder à la représentation parlementaire. L’annonce de l’entrée du Piratenpartei au parlement a fait la une des journaux à Berlin.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Que répresente le parlement de Berlin ?

L’Allemagne est moins un pays qu’une fédération de pays, ou länder. Berlin est un land de la taille d’un État américain comme l’Oregon ou d’un pays comme la Nouvelle-Zélande, et abrite environ 4 millions d’habitants. Mais en tant que capitale de l’Allemagne, Berlin possède une certaine influence, notamment sur la scène internationale.

C’est le parlement du land de Berlin que le Piratenpartei est sur le point de rejoindre (et non le parlement allemand au niveau fédéral, le Bundestag ; ces élections auront lieu en 2013).

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

Cette élection montrera à l’industrie du copyright que le succès du Piratpariet suédois en 2009 n’était pas un phénomène isolé. J’ai souvent déclaré que le mouvement pirate est à cette décennie ce que les Verts ont été aux années 70 ; c’est un mouvement citoyen grandissant présent dans le monde entier. Les gourous prônant le monopole du copyright et les cinémas sécurisés ne vont sans doute pas apprécier de voir cela se réaliser, et tous les analystes politiques savent que Berlin a une grande influence sur les tendances politiques internationales.

De plus, c’est un succès commun. La victoire du parti pirate suédois aux élections européennes de 2009 a été un véritable coup de fouet pour le mouvement pirate dans son ensemble. Cette élection aura le même effet. Nous combattons ensemble, côte-à-côte, pour les libertés individuelles, et nous gagnons ensemble. Les journaux du monde entier parlent déja de l’élection et du Piratenpartei : Taïwan, les pays d’Afrique, l’Irlande, les États-Unis. Et cela avant même le vote.

Si vous en doutez encore et vivez à Berlin, participez à l’événement et écrivez l’Histoire. Votez pirate.

Le 18 septembre est le jour où le Piratenpartei entre au parlement de Berlin.

Et le jour suivant les élections, le 19 septembre, est la Journée internationale du parler pirate (International Talk Like A Pirate Day). Quelle coïncidence. Je parie que de nombreux politiciens vont en profiter.

Ceci est une traduction de l’article posté par Rick Falkvinge sur TorrentFreak le 17/09/2011.

Partagez cet article :