Des hamacs sous les arbres, des effluves de marijuana et des ordinateurs portables en vrac: à Finowfurt, la crème des pirates informatiques tient son camp d’été, troublé par des divisions nées de l’affaire WikiLeaks.

Le Chaos Computer Club, que l’on désigne souvent par l’acronyme CCC, est l’une des organisations de hackers les plus influentes en Europe.

Du 10 au 14 août, l’influente association allemande de « hackers » a planté tentes et câbles sur une ancienne base aérienne soviétique devenue musée, non loin de Berlin.

Lors de la précédente édition il y a quatre ans, le camp avait accueilli jusqu’à 2.300 personnes, cette année « on attend jusqu’à 3.500, de 50 nationalités », dit Frank Rieger, porte-parole du CCC est reconnu pour avoir participer au « piratage » en 2008  de l’empreinte digitale du ministre allemand de l’Intérieur,

Entre les carcasses d’avions, une foule jeune et très majoritairement masculine fait sagement la queue devant les douches ou les stands de café. Des enfants jouent avec des fers à souder, une tente arbore le symbole « Peace and Love ».

Pas de macramé ou de poterie, mais un atelier « Fabrique ton compteur Geiger », dans l’air du temps alors que l’Allemagne va abandonner l’énergie nucléaire, et des conférences pour matheux sur l’art de crypter les données.

Jeremie zimmermann et Franck Rieger se disent partisans de la « non-violence numérique », avec des bémols.

« Je ne trouve pas légitimes les modes d’action illégaux », dit Jérémie Zimmermann, en précisant: « Mais Anonymous et LulzSec ce n’est quand même pas du terrorisme, tout au plus du vandalisme ».

Sous ces noms agissent des pirates qui ont lancé récemment des attaques spectaculaires contre l’Etat syrien, la CIA ou encore Sony.

Mêmes nuances devant la tente Electrolab

« Ce que nous refusons, c’est l’obscurantisme technologique », dit Yannick Avelino, membre de cette association française de vulgarisation qui travaille notamment sur les moteurs électriques.

« Nous avons choisi la voie légale », assure Samuel Lesueur, président d’Electrolab. « Mais en dehors de l’association, chacun fait ce qu’il veut. »

Même si le porte-parole du CCC parle de « communauté », les divisions existent dans la mouvance hackers, surtout depuis la diffusion retentissante de dépêches diplomatiques par le site WikiLeaks.

Daniel Domscheit-Berg, ancien membre de WikiLeaks devenu ennemi juré du fondateur Julian Assange, a lancé une version concurrente baptisée OpenLeaks, et mis au défi les pirates réunis à Finowfurt d’y trouver des failles.

« Il veut nous utiliser pour donner un gage d’authenticité à son projet. Cela nous agace prodigieusement », reconnaît Andy Müller-Maguhn figure du CCC.

Il y a aussi eu des  participants au camp qui ne sont pas des pirates et dont leurs ambitions ne sont pas très nobles… Un jeune homme croisé à l’entrée, qui préfère rester anonyme, raconte avec un air dépité: « Je veux pirater la webcam de ma copine pour l’espionner. Mais je n’ai trouvé personne pour m’expliquer comment faire. »

Source © AFP

 

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