Parce que les autorités françaises enquêtent sur des Anonymous qui auraient utilisé un service collaboratif d’édition de textes ouvert à tous, mais hébergé par lui, le Parti Pirate allemand a vu ses serveurs saisis ce matin par les autorités germaniques. A deux jours d’élections auxquelles il participe.

A la demande des autorités françaises, les autorités policières allemandes ont saisi vendredi matin plusieurs serveurs appartenant au Parti Pirate allemand, dont le site internet est devenu inaccessible. Une situation d’autant plus désagréable pour la sixième force politique allemande et ses 12 000 membres que les élections municipales et régionales sont prévues dans deux jours. Le PiratenPartei se retrouve privé de son principal moyen de communication dans la campagne électorale.

Selon Heise, les autorités de Darmstadt auraient répondu à une demande d’assistance judiciaire du parquet de Paris, qui enquêterait sur des faits qui n’ont rien à voir avec les activités du Parti Pirate. Le juge français aurait en effet demandé à ce que l’adresse IP d’un Anonymous soit relevée, pour en permettre l’identification en vu (probablement) de poursuites. Celui-ci aurait en effet utilisé l’outil PiratePad du PP allemand pour y publier des informations anonymement, ce que n’importe qui peut faire sans aucun lien avec la formation politique. Le principe du PiratePad (basé sur Etherpad) est d’offrir un outil de saisie de texte en ligne et collaboratif sans inscription préalable.

Le Parti Pirate allemand, qui juge le procédé des autorités judiciaires et la saisie de plusieurs serveurs largement disproportionné, envisage des recours.

Dans un communiqué, la fondation Etherpad condamne cette initiative des autorités françaises. « Le déploiement d’Etherpad était utilisé pour des débats structurés autour des manifestations en Espagne, donc il s’agit d’un motif d’inquiétude majeur du point de vue des libertés« , écrit-elle. « Nous pensons que la raison principale de la perquisition par les autorités policières est que PiratenPad était utilisé par le groupe ‘Anonymous’ pour organiser une attaque« , confirme-t-il par ailleurs. Mais il explique qu’en saisissant le serveur du PiratenPad pour s’attaquer aux Anonymous, les autorités mettent aussi la main sur les donnée d’autres groupes, notamment politiques.

Affaire à suivre.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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